Bienvenue sur le blog consacré à notre voyage au Brésil et à notre participation au 8e Forum Science et Société.
Comme vous le savez, l’objectif principal de mon volontariat en Service Civique était de participer à l’organisation du 8e Forum et d’accompagner la participation du Lycée Agricole de Théza à travers le Club Brésil, coordonné par Madame Jouhanneau. Pendant ces mois en France, j’ai été en première ligne de la médiation entre les établissements partenaires, aussi bien pour l’organisation du Forum que pour la préparation de la visite aux IFSULDEMINAS, mon institution au Brésil, où la délégation de Théza devait se rendre après le Forum.
Le Club Brésil est un projet créé par Madame Jouhanneau dans le cadre de son partenariat avec des institutions brésiliennes pour la participation aux Forums Science et Société depuis 2022. Au sein de ce club, les élèves ont la possibilité de collaborer au développement des projets et des activités proposés. Le Club Brésil compte 15 élèves, et trois d’entre eux – Emeanio, Alaïs et Moiragh – ont été sélectionnés pour participer au Forum au Brésil.
Notre délégation pour ce voyage se composait donc de cinq personnes : les trois élèves, Madame Jouhanneau et moi, en tant que volontaire en Service Civique.
Cet aspect de la mission m’a profondément marqué : être un lien de communication et d’apprentissage entre deux cultures, deux établissements, et prendre conscience de l’impact que le Forum aurait sur chacun de nous.
Avant le Forum
Dans la période précédant le Forum, chaque institution participante devait développer des projets techniques, culturels et artistiques à présenter pendant l’événement.
Notre projet technique a été réalisé en partenariat avec la propriété La Mer Blanche, une exploitation de fruits méditerranéens qui adopte des pratiques d’agroécologie pour garantir une production durable tout en faisant face aux changements climatiques. Le projet choisi était la production d’une liqueur de kumquat, un agrume typique de la région. Les élèves du Club Brésil ont eu l’occasion de visiter la propriété, de découvrir les méthodes de culture et de participer à la production de la liqueur, le tout avec une attention particulière portée aux pratiques durables.
Notre projet culturel, quant à lui, a été développé en partenariat avec l’entreprise Vague d’Amour, dont les valeurs principales sont le partage d’amour et d’espoir à travers la connexion entre les personnes. Avec les élèves, nous avons fabriqué 200 bracelets destinés à être distribués à tous les participants du Forum, comme symbole de l’union des cultures brésilienne et française et du pouvoir de la collaboration entre les deux pays.
Même si les projets avaient déjà commencé avant mon arrivée, j’ai pu y contribuer de différentes manières. Dans le mois qui a précédé le Forum, avec l’aide des étudiants colombiens, nous avons rendu visite à nos partenaires en France pour connaître les installations de la propriété et la boutique, ainsi que pour produire des supports visuels qui seraient présentés pendant l’événement. Lors de l’une de ces visites, nous avons réalisé une interview avec le propriétaire du Domaine La Mer Blanche, M. Frédéric, afin de recueillir des informations qui nous ont aidés à préparer notre présentation pour le Forum.
BIENVENUE DANS LE MINAS GERAIS
Après des mois d’immersion dans le Service Civique en France, avec le défi quotidien d’apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture et une nouvelle façon de vivre, le moment était enfin venu de retourner au Brésil – même si ce n’était que pour une courte période. Mais ce retour n’était pas seulement physique; c’était aussi un retour à ma terre natale, vue cette fois avec un regard différent et une mission bien claire.
Le voyage avait un objectif important: représenter le Lycée Agricole de Théza, le Club Brésil et l’IFSULDEMINAS, mon institution au Brésil. Le mélange de sentiments était intense. Je ressentais une immense joie à l’idée de rentrer chez moi, mais aussi la responsabilité de participer à un événement international qui rassemblerait deux cultures et deux réalités à la fois très différentes et très proches.
En posant le pied sur le sol brésilien, j’ai été immédiatement accueilli par l’accent du Minas Gerais et l’arôme inconfondable du café accompagné de pão de queijo – des sensations qui m’ont rappelé instantanément qui j’étais et d’où je venais. Pendant un instant, j’ai eu l’impression de n’être jamais parti. J’étais de retour, mais je n’étais plus exactement le même Carlos Miguel. Je portais en moi les expériences de la France, et en même temps, la saudade du Brésil me serrait dans un étreinte silencieuse et forte. C’était comme une confirmation que, malgré tout, ma maison était toujours là, au cœur du Brésil.
À notre arrivée à Pouso Alegre, l’accueil chaleureux de l’IFSULDEMINAS m’a donné un sentiment renouvelé d’appartenance. J’ai été reçu non seulement par des professeurs et des élèves de mon institution, mais aussi par de nouveaux amis, avec qui je partageais l’enthousiasme d’être de retour au Brésil, prêt à participer au 8e Forum franco-brésilien.
Cette rencontre a également été l’occasion de remercier en personne ceux qui ont rendu ce partenariat possible et qui m’ont offert la chance de vivre cette expérience transformatrice dans le cadre du volontariat. J’étais heureux d’être à nouveau chez moi, avec la sensation que, malgré la distance, j’avais toujours pu compter sur le soutien des personnes et de la culture qui m’ont construit.
8e Forum franco-brésilien Science et Société: Systèmes alimentaires et changements climatiques: défis et perspectives
Un voyage de connexions culturelles et de valorisation de l’environnement
Le 8e Forum franco-brésilien s’est tenu du 19 au 25 octobre 2025 à l’IFMG – Campus Bambuí. Il a réuni 12 instituts fédéraux brésiliens et 12 lycées agricoles français, soit un total de 190 participants, entre élèves et enseignants. Pendant une semaine intense d’activités, le Forum avait pour principal objectif de discuter et de mettre en valeur le thème des systèmes alimentaires et des changements climatiques, en proposant une immersion profonde dans l’agriculture durable et les perspectives d’avenir pour la planète.
Pendant le Forum, mon rôle en tant que volontaire consistait essentiellement à aider à la traduction entre les langues, à accompagner les visites techniques, les ateliers techniques et artistiques, et à rester disponible pour soutenir l’organisation et l’orientation des délégations. De manière générale, le Service Civique a joué un rôle central pour assurer l’intégration et la fluidité des activités tout au long de l’événement.
Visites techniques et échanges culturels
Pendant deux journées de visites dans les fermes et propriétés autour de Bambuí, nous avons réparti les participants en cinq groupes, chacun avec une destination différente, afin qu’ils puissent découvrir de près la réalité de la production alimentaire dans la région. Nous avons visité de grandes exploitations avec des systèmes intensifs ainsi que de petites propriétés d’agriculture familiale, où les élèves ont pu observer les différences et les similitudes dans les modes de culture et les défis auxquels les producteurs sont confrontés.
Ces visites techniques ont été une véritable immersion dans les réalités locales, et les échanges culturels étaient visibles à chaque conversation entre les élèves brésiliens et français. Il était impossible de ne pas remarquer à quel point les différences culturelles et les pratiques agricoles étaient liées aux besoins et aux solutions face aux changements climatiques.
Conférences, tables rondes et partage de savoirs
Le Forum a également été rythmé par des conférences de chercheurs brésiliens et français, qui ont partagé leurs connaissances sur les technologies agricoles, l’agroécologie et l’importance des systèmes alimentaires durables. Nous avons aussi eu des tables rondes et des moments d’échange avec le public, où les participants ont pu approfondir les thèmes proposés.
L’une des activités les plus marquantes a été la présentation des projets réalisés pendant la période pré-Forum. Notre Club Brésil a alors eu l’occasion de présenter symboliquement les 200 bracelets que nous avions fabriqués et de les distribuer aux participants, comme un symbole d’union et de solidarité entre les cultures.
Réflexion et activités interactives
Au cours du Forum, j’ai eu l’occasion de présenter le Service Civique et de raconter aux participants mon expérience en France et la contribution que j’ai apportée à l’organisation et à la construction de l’événement. Expliquer ce qu’est le Service Civique a été une façon de montrer comment le volontariat international peut transformer la vie des personnes, en offrant un développement personnel et professionnel, tout en resserrant les liens entre les cultures.
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Tout au long de la semaine, nous avons également été répartis en sous-groupes pour discuter et rédiger la « Lettre de Bambuí », un document reflétant les engagements et les responsabilités assumés par les participants en lien avec le thème du Forum. Ce moment a été une excellente occasion de débattre des impacts environnementaux et de la préservation de la nature, et de partager des solutions collectives pour les défis auxquels les générations actuelles et futures sont confrontées.
Moments de convivialité et d’intégration
Au fil de cette semaine, nous avons également vécu des moments de pure convivialité entre les élèves brésiliens et français. Nous avons joué au football, couru avec les professeurs Mark et Rafaela et, pour célébrer cette cohabitation, nous avons organisé une fête réunissant des traditions des deux pays. Chaque sourire, chaque blague, chaque regard échangé entre les participants a renforcé les liens d’amitié et de solidarité internationale.
Ces moments d’intégration ont été essentiels pour que chacun se sente partie prenante de quelque chose de plus grand : une mission commune, celle de comprendre les enjeux environnementaux et l’urgence d’une agriculture durable pour garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
Le Forum a été une expérience inoubliable, qui m’a apporté un apprentissage profond, non seulement sur les aspects techniques de l’agroécologie et des systèmes alimentaires, mais aussi sur la force de l’échange culturel. Les amitiés nouées, les histoires partagées, les moments de joie et d’intégration ont marqué mon parcours. En voyant les élèves français si immergés dans la culture brésilienne, et les Brésiliens si ouverts à la culture française, j’ai pris conscience de l’importance du volontariat international pour rapprocher les peuples autour d’un objectif commun.
Le Forum n’a pas été seulement un moment de production de connaissances académiques, mais aussi une expérience culturelle capable de transformer la vision du monde de tous les participants. La gratitude est le mot qui résume le mieux ce moment. Je suis reconnaissant d’avoir eu la chance de vivre et de partager tout cela, et d’avoir pu représenter le Brésil tout en apprenant avec la France. Aujourd’hui, je me sens plus préparé à affronter les défis de l’agriculture durable et à contribuer à un monde plus juste et plus collaboratif, en gardant toujours comme repères les valeurs du volontariat et de l’intégration culturelle.
NOUS ARRIVONS À L’IFSULDEMINAS
De retour à Muzambinho: présenter ma maison à la délégation
La semaine suivant le Forum franco-brésilien, la délégation française a fait une immersion dans les campus de l’IFSULDEMINAS, notre institution partenaire au Brésil. En quelques jours, nous avons visité trois villes: Muzambinho, Inconfidentes et Machado.
Notre parcours a commencé juste après la fin du Forum. Le samedi 25, nous avons visité le campus de Muzambinho, qui est mon campus, où j’étudie l’ingénierie agronomique. Nous avons eu l’opportunité d’y passer l’après-midi et, avec l’aide d’amis, de professeurs et de groupes d’étude auxquels je participe, nous avons organisé un accueil spécial pour la délégation française.
Nous avons échangé avec le directeur des études du campus et visité le secteur de paysagisme et de jardinage, où nous avons été reçus par la professeure Anna Lygia et par Generci. Avec le soutien de plusieurs amis et élèves, nous avons réalisé un semis de graines et le plantio de jeunes plants pour le reboisement, puis nous avons participé à une activité d’auto-défense avec le professeur de jiu-jitsu.
Nous avons parcouru les allées de l’institut et j’ai eu l’honneur de montrer à mes collègues français quelques-uns des chemins que j’empruntais chaque jour: le bâtiment où j’avais cours, le hangar où nous menions nos recherches scientifiques dans le secteur de mécanisation agricole et de grandes cultures. Nous avons terminé la visite par un petit café de départ avant de reprendre la route.
Dans ce moment plus détendu, de nombreuses questions sont apparues sur le Brésil et notre manière de vivre. L’une des phrases qui résume le mieux le choc culturel a été:
« Mais vous mangez du riz et des haricots tous les jours ? »
Entre les rires et les explications, j’ai compris à quel point quelque chose d’aussi simple que notre repas quotidien peut devenir un point de rencontre entre les cultures.
Après cinq mois, le fait de me retrouver « chez moi », entouré de mes amis, m’a rempli d’une immense nostalgie. Pouvoir discuter, recevoir chaque étreinte, marcher à nouveau dans ces espaces si familiers… Ce sont des moments qui me rappellent que, aussi loin que puissent me mener les avions, j’appartiens toujours à ce « foyer ». Être présent à cette occasion, avec la mission de renforcer la coopération internationale entre les établissements et de partager avec la délégation française notre système d’apprentissage et les projets de l’institut, a été vraiment incroyable.
Pendant ce temps à Inconfidentes: cascades, agroécologie et… famille
Depuis Muzambinho, la délégation a poursuivi son voyage vers la ville d’Inconfidentes, accompagnée par le professeur Mark. Elle y a passé deux jours intenses à mieux découvrir la région et à participer à des activités qui rapprochaient chaque jour un peu plus la culture brésilienne de la réalité française.
Ils ont fait une excursion jusqu’à une cascade, ont participé au marché nocturne de la ville et ont visité l’Institut Fédéral d’Inconfidentes. Sur place, ils ont découvert le projet d’agroécologie « Raiz do Campo » et suivi de près les activités d’équithérapie.
La délégation a été fascinée par le projet d’agroécologie, qui préserve environ 200 graines d’arbres natifs et travaille avec des plantes médicinales, en valorisant la biodiversité locale et les savoirs traditionnels.
« Et pourquoi ne les as-tu pas accompagnés ? »
Eh bien, j’avais une raison très particulière. Pendant ces deux jours, j’ai pu rendre visite à ma famille. Oui, j’ai vraiment beaucoup de chance.
Ma mère est venue me chercher à Muzambinho, a rencontré Madame Jouhanneau et mes amis français, qui m’avaient si bien accueilli, et elle a tenu à leur montrer toute sa gratitude. Ensuite, nous sommes partis pour ma ville, Poços de Caldas, où j’ai revu mon père, mon frère et le reste de ma famille.
Je ne m’attendais pas à être reçu avec des étreintes aussi chaleureuses et des larmes de retrouvailles.
J’étais incroyablement heureux d’être à la maison à nouveau. Retrouver mes amis, organiser une petite fête pour célébrer mon retour, mettre les conversations à jour et raconter toutes les anecdotes et curiosités de ces mois en France a été tout simplement spécial.
Plus encore que n’importe quel accent du Minas ou que l’odeur du café fraîchement passé, être à la maison, même pour peu de temps, a été l’un des grands moments de ce voyage.
Machado et le café: à la découverte de l’or vert du Minas Gerais
Mais la mission n’était pas encore terminée. Après ces retrouvailles en famille, j’ai rejoint de nouveau la délégation française sur le campus de Machado, notre troisième et dernier arrêt à l’IFSULDEMINAS. C’était aussi l’un de ces nombreux adieux difficiles qui ont marqué ces deux semaines.
À Machado, accompagnés des professeures Rafaela et Dalila et de leurs élèves, nous nous sommes plongés dans l’univers du café, l’une des productions les plus importantes du Brésil et, en particulier, du Minas Gerais. Nous avons visité l’entreprise EISA, une grande exportatrice de café, où nous avons pu observer de près le processus d’exportation et les tests de qualité des grains.
Ils ont souligné à quel point le café est une véritable puissance dans la région et ont été impressionnés par la taille de l’infrastructure d’EISA pour exporter du café dans le monde entier. Pour ceux qui venaient d’une autre réalité agricole, prendre conscience de la dimension économique et sociale du café dans le sud du Minas a été un véritable choc de perspective.
Nous avons également rencontré un producteur familial de la région et marché dans les plantations typiques de café du sud du Minas, en prenant peu à peu la mesure de l’importance de cette culture pour la région et pour l’histoire du Brésil.
Sur le campus, nous avons découvert le système éducatif local en visitant les secteurs de production animale, les potagers, les serres, les espaces de transformation du café et les ateliers de production alimentaire. Nous avons de nouveau participé au plantio de jeunes plants pour le reboisement et à la plantation de légumes dans le potager, cette fois aux côtés de Júnior, ancien volontaire en Service Civique qui avait participé au 7e Forum à Bourges avec Madame Jouhanneau. Voir ces liens se reformer sur le sol brésilien était très émouvant.
L’une des caractéristiques les plus fortes des campus de l’IFSULDEMINAS est l’intégration de l’enseignement technique au lycée, en donnant un rôle central aux jeunes à travers des travaux pratiques sur le terrain et leur participation à des projets de recherche. À Machado, cela est apparu de manière particulièrement claire.
Nous avons également vécu des moments d’intégration avec les professeurs et les élèves du campus, ainsi que des visites culturelles de la ville, comme notre passage à la Maison de la Culture et au musée qui raconte l’histoire locale.
Clore deux semaines intenses et retour en France
C’est ainsi que nous avons conclu deux semaines intenses au Brésil: plongés dans la culture, en découvrant l’histoire, en partageant de grands moments, en entrant en contact avec l’agriculture locale, en valorisant l’environnement et les Objectifs de développement durable, en comprenant mieux le système éducatif des Instituts Fédéraux et en explorant toute la richesse de l’État du Minas Gerais.
Je retourne en France avec la délégation, avec seulement un mois devant moi avant la fin de ma mobilité internationale. Cette période devient l’occasion idéale, aux côtés de mes amis, de mesurer à quel point ce voyage a été important et transformateur.
Faire partie de ce programme de mobilité, pouvoir servir d’intermédiaire pour ce voyage et contribuer au renforcement de la coopération internationale, promouvoir l’échange culturel, montrer à mes amis français ce qu’est le Minas Gerais et ce que signifie y appartenir… tout cela est vraiment hors du commun.
Je n’aurais jamais imaginé être capable de voyager aussi loin de chez moi avec une mission aussi importante et exigeante. Aujourd’hui, je ressens une immense joie et une profonde gratitude. Comment une expérience comme celle-ci peut-elle changer une personne ?
Mais cela, c’est une histoire pour le prochain – et dernier – billet de blog.
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