Blog3- Story writing des coulisses de mon stage en Italie : chic expérience humaine

Blog3- Story writing des coulisses de mon stage en Italie : chic expérience humaine

Publié par YeahouedeouZouleKifouliCakpo le 18/07/2026
Pays : Italie

Bonjour,

Laissez-moi vous embarquer dans les coulisses de mon quotidien. Spoiler : la réalité est nettement plus... piquante.

Il est 4 h 00. L'alarme retentit dans le noir complet, et la bataille commence : d'un côté la flemme qui me supplie de rester sous le drap, de l'autre l'envie de dormir encore cinq minutes, dix minutes, une vie entière. Je finis toujours par gagner ce combat contre moi-même et file me préparer. Je rejoins ensuite ma collègue, et nous filons à vélo jusqu'au site de départ. À 4 h 45, le bateau démarre du site.

Le vent qui gifle le visage pour la toute première fois, ça se commente forcément à voix haute : J’en parle avec ma collègue de classe, on rit, puis on se demande si on va s'y habituer. Une fois en mer, place au travail, mais rassurez-vous, nous ne sommes pas des employés de pompes funèbres : les tâches s'enchaînent en musique de fond de discussions et d'éclats de rire.

Et quelles discussions ! Vu que nous ne maîtrisons pas l’italien, alors on improvise : l'un lance une phrase en italien, un autre nous le traduit en anglais, et moi je réponds en franglais (mixte français et anglais) dans les cas désespérés, je laisse mes mains prendre le relais. À force, nous nous sommes fabriqué notre propre monde linguistique, où chacun apprend les bases de la langue de l'autre : les jours de la semaine, les nombres, les mots du quotidien. Eh, minimum à ce jour, je peux compter de 1 à 20 en italien puis les jours de la semaine et quelques expressions du quotidien. Une vraie tour de Babel, mais qui finit toujours par se comprendre.

Nous ne travaillons que le matin, et cette matinée se joue en deux actes : une partie en mer, l'autre sur le site du FLUPSY. Au retour, vient l'heure sacrée du café. Ici, l'humour ne manque jamais à l'appel, mais ce qui surprend vraiment les membres de la coopérative, c'est quand je réclame du sucre. En Italie, le café se boit bien corsé et nature, et visiblement, demander du sucre relève presque de l'hérésie.

À midi, je reprends mon vélo pour rejoindre mon lieu d'hébergement, où je suis particulièrement bien choyé un grand merci au propriétaire des lieux au passage. Le temps de me changer, et mon estomac, qui semble avoir mémorisé l'heure comme une horloge suisse, commence déjà à réclamer son dû à 12 h 30 pile. Moi, fidèle à moi-même, je débarque avec ma boîte de piment. Oui, encore elle. Elle m'accompagne à chaque repas, si bien que ma collègue m'a affectueusement surnommé « l'homme au piment ». Un peu de piquant, et mes pâtes passent toute seules. Parce qu'ici, il faut le dire : depuis le début de ce stage, nous mangeons des pâtes au déjeuner, tous les jours, sous toutes leurs formes. A ce stade, je dirai que fais une dégustation quotidienne de pâtes. L'Italie ne plaisante vraiment pas avec ça ! Le soir en revanche, changement de programme : je laisse mes papilles voyager en toute confiance avec les fruits de mer, sans une once de piment. Une trêve que je m'accorde volontiers, le temps d'un dîner.

L'après-midi, quand le soleil commence tout juste à faiblir, j'en profite pour arpenter les rues de Goro. Sur certains visages, je peux lire un vrai point d'interrogation, une curiosité non dissimulée : je suis le seul habitant noir du village, et ça sort clairement des habitudes visuelles de certains. Mais ces regards s'accompagnent presque toujours d'un « ciao », d'un « buonasera » et d'un léger sourire.

Le week-end, quand je vais dîner au restaurant, vu le monde qui s’y trouve, le scénario se répète : dès mon entrée, je sens les regards se poser sur moi, jusqu'à ce que je pose enfin les fesses sur ma chaise, mais rassurez-vous, jamais rien de méchant là-dedans.

Le soir venu, la chaleur me pousse dehors pour prendre un peu d'air avant de dormir. Mission impossible : les moustiques s'invitent aussitôt, mode « buffet gratuit ici », et je n'ai encore jamais réussi à gagner cette guerre-là.
Avant de venir, j'avais entendu dire que les Italiens pouvaient se montrer racistes, surtout dans les zones un peu reculées. La réalité m'a agréablement surpris, aussi bien avec l'équipe sur le lieu de stage qu'en ville, avec mes maîtres de stage Alessio et Daniele, tous deux d'une gentillesse remarquable.
Petit à petit, le rythme change aussi. Entré dans le deuxième mois de stage, en ce mois de juillet, le réveil n'a plus rien d'un supplice à 4 h du matin : il sonne désormais à 6 h 30, un vrai luxe en comparaison. Comme quoi, même les batailles les plus rudes finissent par s'adoucir avec le temps.

Entre les levers avant l'aube, les batailles perdues contre les moustiques, les sourires inattendus, les taquineries et l'hospitalité de Gorino, une certitude demeure : c'est une expérience que je ne saurai jamais vraiment décrire dans les moindres détails. Elle ne se raconte pas vraiment. Elle se vit.

A presto...




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