Rizilience à la Camarguaise : Découverte en immersion par les étudiants en BTS ACD 1 du Campus Nature Provence des coulisses de la production du riz camarguais.

Rizilience à la Camarguaise : Découverte en immersion par les étudiants en BTS ACD 1 du Campus Nature Provence des coulisses de la production du riz camarguais.

Publié par TriompheHoussou le 29/04/2026
Pays : France

Le mardi 31 mars 2026, le Centre Français du Riz fait découvrir aux étudiants le positionnement, le système de production et les défis des agriculteurs dans la production et la pérennisation du riz camarguais, une richesse reconnue dans l'Union Européenne.

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Sous la supervision des responsables de leur formation académique en agronomie Mme CHATIN et Mme RATSIMBA, les jeunes étudiants du Campus Nature Provence furent accompagnés de Monsieur Tobi HOUSSOU, un Volontaire International en Service Civique (VISC) chargé de l'animation en agroécologie. Ils ont été accueillis par le Centre Français du Riz pour discuter sur les enjeux liés à la production du riz de Camargue.

Il est 08h à Gardanne. Le soleil se lève sur les étudiants dont la curiosité intellectuelle reste un atout pour leur parcours professionnel. Excités et surtout préparés, ils sont parés de leurs sacs ainsi que de la nourriture. Après plus d'une heure de trajet, les apprenants sont chaleureusement accueillis dans une salle de conférence par les responsables du Centre Français du Riz et du Syndicat et Interprofession du Riz en Camargue. Monsieur François CLÉMENT, agronome, syndicat et chargé de mission en accompagnement des riziculteurs, a entretenu les étudiants sur la position française dans la production mondiale du riz ainsi que du dispositif phytosanitaire mis en place.
Centre Français du Riz
Il en ressort que seulement 2% du riz mondial, soit 90.000 tonnes y sont produites avec un maximum de huit (08) produits chimiques de synthèse homologués pour la lutte contre les ravageurs ; à contrario à une quinzaine de ces produits pour ses voisins dont la production concurrencie le marché français. Pour lui, la riziculture française évolue dans un dilemme : limiter les intrants (eau, doses et produits phytosanitaires) pour optimiser la production (maximale). Comment et à quel prix 500g de produit bon marché en provenance de l'extérieur concurrencie un 1kg de la production locale ? Comment le pouvoir d'achat des consommateurs se concentrerait-il sur le riz local ? Tant de questions ont été soulevées.
CFR

Même si la légalisation en vigueur autorise les produits importés -respecteux de la santé humaine-, l'environnement, quant à elle, n'en reste pas moins dégradé. Que faudrait-il faire alors ?

C'est sur ces réflexions que la présentation de l'itinéraire technique du riz à été faite. En mettant l'accent sur le semis en terre sec, l'un des défis à relever dans leur région à cause de l'adoption lente par les acteurs de la chaîne de production, une brève comparaison a été faite avec le système de culture japonais, notamment le repiquage du riz. Il est contraignant de valoriser 25.000 ha de terres rizicoles, avec un ratio de gain/perte estimé à 1/3 (500mm de pluviométrie contre 1500mm d'évapotranspiration) lorsque 1ha demande 25.000 m³ d'eau. Alors que la résilience s'invite au cœur des réflexions, la rizilience nous indique quoi faire.

En effet, les travaux menées par plusieurs chercheurs, et confirmé par des producteurs justifient la pertinence de l'impact du couvert végétal. Non seulement, il protège le sol, limite l'activité des bioagresseurs, mais aussi, il facilite l'activité biologique du sol, sa minéralisation et sa fertilité. Par ailleurs, il peu être rentabilisé même si l'objectif principal n'est pas la rentabilité économique.
La stratégie implémentée promeut l'installation du couvert végétal entre deux productions de riz (6mois d'intervalle), deux productions de blés (4 mois) et entre une production de blé et de riz (7 mois). Cette production est faisable dans la sole culturale suivante : Riz (Mai), riz, blé, blé. Les étudiants ont eu la chance de visiter un site de production et d'expérimentation de certaines trèfles en tant que couvert végétal, l'un des derniers à être toujours en production en ce mois de Mars.
Les observations ont aisément prouvé que dans toutes conditions étant égales (sauf le gardient de fertilité toujours variable) notamment l'aérodynamique, le semis aérien en bande de 8m× par un drone, le trèfle perse était de loin le plus résistant dans ce milieu humide. Les trèfles Trifolium squarrosum, Trifolium vesiculosum, Trifolium michelianum et Trifolium incarnatum ont été comparés en termes d’adaptation aux milieux humides. Le colza a aussi été semé.
Méthode ERCI
Finalement, la méthode MERCI, une technique de mesure via internet de certaines données biologiques quantitaves (séquestration de l'azote, du carbone et autres) a été réalisée en deux équipes sur différents échantillons.
Elle a permis aux uns et aux autres d'apprécier sur chaque parcelle la disponibilité en éléments nutritifs utiles au riz pour la prochaine campagne.

Rentrés aux environs de 17h30, les étudiants manifestèrent un satisfecit par rapport aux connaissances acquises et à l'expérience vécue. Du champ à l'assiette, tout un protocole est respecté. D'une présentation professionnelle renchérie par des questions diverses et des démonstrations pratiques, à une visite technique sur le terrain de production, cette journée fut une révélation sur la riziculture française locale et l'appel à un éveil de conscience sur l'adoption des pratiques agricoles plus efficientes et surtout durables.

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