Ces quelques lignes visent à synthétiser et expliciter mes trois mois et demie de mobilités à l’étranger en Slovénie dans le cadre de mon BTSA ACD. Je remercie sincèrement la patience et l’attention de mes estimés lecteurs, qui, d’une certaine façon, m'accompagneront dans mon voyage par la lecture de ce récit.
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“Travel is fatal to prejudice, bigotry, and narrow-mindedness,
and many of our people need it sorely on these accounts. Broad,
wholesome, charitable views of men and things cannot be acquired by
vegetating in one little corner of the earth all one’s lifetime.”
Mark Twain.
Paris, quai de Bercy, seize mai.
Une odeur d’ammoniaque, de tabac et de sueur froide règne le long des quais, bien loin des fastes quartiers Osmaniens de la capitale, c’est un bloc de béton qui sert de gare routière. Si en arrivant à la capitale pour la première fois de mon existence vingt minutes plus tôt j’avais été émerveillé de voir au loin le Sacrée coeur et la Tour Eiffel, tant de merveilleuses silhouettes qui règnent sur l’horizon, le désenchantement était brutal, des poubelles éventrées, l’odeur pestilentielle qui en émanait, et la froideur maladives des habitant de la ville lumière ne me donnais vraiment pas envie d’y rester. Mes parents m’avaient emmenée, c’était plus simple ainsi, ma mère m’offrait une cigarette, la dernière que je fumais en sa compagnie pour les trois prochains mois. Je prenais donc le temps de la savourer; en échangeant quelques commentaires sur l’entourage de la gare et en dispensant quelques sourires à ma précieuse famille. Si j’avais été dans un premier temps très enthousiaste de voyager, je dois dire que dix jours avant mon départ, mon enthousiasme n’était plus, c’est, malheureusement le problème des jeunes hommes, nous nous croyons preux jusqu’à ce que les choses arrivent. Un quart d’heure plus tard j’étais dans mon bus, regardant mes parents s'éloigner à mesure que la machine motorisée avançait. Je dois dire qu’il y avait là un exercice compliqué, j’avais déjà voyagé de nombreuses fois, parfois avec ma famille, d’autres fois sans, mais jamais pour partir aussi loin.
J’avais pris le bus, non pas que j’étais enchanté de rester assis durant dix-neufs heures, mais c’était la solution la moins chère et la plus rassurante. Ce n'est pas que je ne fasse pas confiance aux oiseaux d’acier, je sais que c’est le moyen de transport le plus sûr, seulement je me dis que lorsque l’avion s’écrase, rien ne reste. Si le bus a un accident, certains y restent, d’autres s’en sortent, c’est plus rassurant ainsi. Le bus quittait la France à Strasbourg, après avoir traversé le Rhin, continuant jusqu’à la Bavière, à Munich où j'avais une correspondance pour ensuite passer en Autriche et enfin arriver à Maribor en Slovénie. Je ne connaissais pas l’Allemagne, ce court trajet de l’autre côté du Rhin m’a permis de découvrir certains de ces paysages. C’est assurément un beau pays, j’ignore encore si j’y retournerais.
De l’Autriche je n’ai presque rien vu, il faisait nuit, pas d’étoiles, pas de Lune, en somme, impossible de distinguer quoi que ce soit. La seule chose que j’ai vu de l’Autriche c’est une station service ou le bus avait marqué un arrêt et ou j’avais acheté un paquet de cigarettes. C’est au lever du jour que nous quittions Graz et que la dernière ligne droite s'annonçait pour arriver à Maribor. A perte de vue je ne voyais que des montagnes, et il faut dire que si pour beaucoup c’est banal, pour un garçon qui a grandi au nord de la Beauce, les montagnes sont un mystères. Non pas qu’elles soient laides, mais elles sont difficilement compréhensible, tant elles sont différentes du plat pays qui m’a élevée. Je voyais par ailleurs pour la première fois de ma vie des neiges éternelles se distinguer au loin. En s’approchant de la frontière slovènes, les montagnes disparaissaient peu à peu. On ne tombait pas dans de grandes plaines, mais dans des vallons, assez jolis je dois l’admettre. Puis après Maribor, entourées de basses montagnes, traversé par la Drava, et couronnée de nombreux clochers.
[Photo de l'église franciscaine de Maribor à coté de la gare routière] Télécharger le fichier IMG_20260517_060544.jpg
J’arrivais à six heures à la gare routière de Maribor. Mon logement n’était qu’à trois kilomètres, je décidais de les parcourir à pied, profitant ainsi de la dernière cigarette de mon paquet, et découvrant une partie du centre ville. L’architecture est là bas différente de la nôtre, d’abord, la ville est en grande partie médiéval, ce qui ne date pas du moyen-âge a été ajoutée sous le règne des princes Habsbourg, il s’agit donc d’une vieille ville, et c’est ce qui fait précisément son charme. La plupart des murs sont couverts de graffitis, si certains y voient une forme d’insécurité, de saleté voir les deux à la fois, j’y vois surtout un héritage de l’Empire Romain, ou, dit-on, les murs servaient de tableau pour le siège de la pensée. La ville est entourée de montagnes, à l’ouest le Pohorje, à mes yeux la plus impressionnante des montagnes qui encerclent la ville, semble surveiller la cité slovène. Sur presque chaque crête des autres montagnes, des clochers s'élèvent vers les cieux. La cité me fis rapidement une forte impression, je n’ai plus l’habitude des villes, encore moins des grandes villes, et il faut dire que Maribor est particulièrement propre. Par ailleurs, cette stupéfaction était très certainement amplifiée par l’absence de voitures et de passants et pour cause : la plupart des gens dorment le dimanche matin à six heures. Même si je ne passais pas par le centre ville proprement dit, je le distinguais à la faveur de quelques embranchements, et je savais que j’approfondirais ma découverte du bourg. Une fois arrivés à mon logement, après une demie heure d’émerveillements, je rattrape le sommeil que je n’ai pas eu dans le bus pour arriver. Je reçois dans la journée un mail m’informant que je commence mardi. Je passe donc mon lundi à découvrir la ville et à faire quelques courses pour cuisiner.
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"One's destination is never a place, but a new way of seeing things."
Henry Miller.
Première semaine.
Lors de mon premier jour, je rencontre mes responsables, J’ai ramené un petit cadeau de France pour les remercier de m’accueillir, pas grand chose, mais le geste compte. Ils m’expliquent le but de mon stage et me présentent les différents projets expérimentaux sur lesquels je serais amené à travailler : D’une part sur les expérimentations liés à la résilience des céréales, d’autre part à l'essai de nouveaux couverts végétaux et enfin l’essaie de nouveaux fertilisants et fongicides. Je reçois un accueil chaleureux et je sais que mon stage sera à n’en pas douter intéressant.
Dans la semaine, mon responsable m’a récupéré à l’avtobusna postaja de Maribor nous partons pour Prekmurje, la plus grande plaine agricole du pays, là bas nous allons récupérer des échantillons de blé sur une expérimentation visant à déterminer les oligo-éléments privilégiés par le blé lors de sécheresse prolongées, nous travaillons sur ce projet expérimentale avec l’institut national de recherche pour la sécurité alimentaire. Là je découvre des gens très agréables, à l’anglais parfait, et bienveillants. Nous passons la journée à récupérer des échantillons de racines, de feuilles, et de plantes entières. Je suis chargé de numéroter chaque échantillon de blé, je dois placer ensuite ces échantillons de feuille de blé dans de l’azote liquide pour favoriser leurs conservations. A la fin de la journée nous n’avons pas fini bien que nous ayons ramassé plus de deux cents échantillons, nous reviendrons donc la semaine suivante. Même s’il s’agit d’un travail répétitif, c’est un travail intéressant qui me permet de rencontrer du monde.
Le lendemain je m’occupe de nettoyer un laboratoire qui sert en règle générale à suivre la croissance d’une plante en condition optimale. Je passe le reste de la journée à étiqueter les échantillons à Prekmurje et à les mettre dans des sacs en papier afin de les sécher. Enfin, Je suis invité à passer la soirée avec d’autres jeunes de mon lieu de stage, car un barbecue est organisé. J’admet avoir été réticent à y aller car je ne connaissais que mon responsable mais c’était un moment très intéressant qui m’a permis d’en apprendre plus sur la culture slovène et de rencontrer des gens très agréables que j’espère par la suite retrouver.
Du weekend je ne fais pas grand chose, d’une part je ne sais pas quoi faire et d’autre part, la fatigue de mon changement d’habitat se fait sentir, je m’instruis donc sur la langue et la culture slovène.
Faits intéressants
L'agriculture en Slovénie est bien différente de l'agriculture française. De prime abord, et il serait sot de se cantoner à cette vision, l'agriculture slovènes pourrait nous faire penser à l'agriculture française d'il y a un siècle, beaucoup de petites exploitations, et par conséquent beaucoup de gens issue du milieu agricole, cependant, chaque famille vise avant tout à produire ce qui lui est nécessaire, la vision du profit et du rendement est ici secondaire là ou en France elle est primordial. Aussi, la plupart des exploitants ont une activité principale, faisant de l'agriculture une activité secondaire ou un passe temps. La taille moyenne d'une exploitation en Slovénie est de sept hectares, là ou en France elle est de soixante-seize hectares. Par ailleurs, l'âge moyen d'un exploitant en Slovénie est de soixante ans contre cinquante-cinq dans l'hexagone. Cependant les exploitants ici semblent plus heureux et moins soucieux que les paysans français. A titre personnel, j'estime que si l'agriculture slovène en 2026 en est là, dans cinquante ans elle sera identique à l'agriculture française, des exploitations plus conséquentes, permettant de vivre de l'agriculture en tant qu'activité principal. Mais si ce changement advient, je pense que la Slovénie perdra de son identité.
Deuxième semaine.
La deuxième semaine de mon stage se porte principalement sur le montage d'une serre visant à protéger une expérimentation sur des légumes contre les attaques de ravageurs. J'apprends que les oiseaux, sur mon lieu de stage sont une véritable problématique. Nous commençons donc par enfoncer des pieux d'acier, dans le sol, qui serviront de fondations, nous montons ensuite des arceaux qui serviront à porter le filer de protection et enfin nous montons un filet sur le tout, ce travail nous prends trois journées à accomplir. Pendant que nous faisions cela, d'autres personnes plantaient les légumes.
[Photo du tracteur ayant apporté l'eau et du chateau de Pivola.]
Plus tard dans la semaine, nous nous rendons à Ptuj, la plus vieille ville du pays à une trentaine de minutes de Maribor. Là bas nous assisstons à la présentation d'une drone visant à faciliter le désherbage des cultures avec une houe rotative. Bien que la présentation soit en slovène, je trouve cela enrichissant et intéressant, le drone fonctionne comme n'importe quel drone, il est commandé à distance par un pilote qui peut ainsi ajuster à mesure sa trajectoire. A cette présentation je retrouve quelques personnes que j'avais rencontré au barbecue.
[Photo du drone et de la houe rotative attelé]
Nous retournons ensuite à Prekmurje pour finir de récupérer les échantillons, nous sommes cette fois plus nombreux et mieux organiser, le travail va donc plus vite et nous finissons à quatorze heure. Le soir même, mon responsable m'a invité à l'accompagner à un concert, un des plus gros événement au sein de Maribor, au concert je rencontre de nouvelles personnes et je découvre la musique slovène.
[Image du concert à Maribor]
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Le lendemain nous réparons la serre dont la toile a été déchiré par un coup de vent brutal.
Je passe mon weekend a essayé d'améliorer mon slovène, pour se faire, je regarde des vidéos pour apprendre la prononciations et j'apprend du vocabulaire grâce à un dictionnaire.
La viticulture en Slovénie
La viticulture en Slovénie est plus qu'un procédé de production, c'est aussi un véritable art et une grande fiérté. On compte en Slovénie plus de 17 000 hectares de vignes, Par ailleurs, la Slovénie a l'immense privilège, d'être le pays ou subsiste encore la plus vigne du monde qui a aujourd'hui plus de 400 ans et qui donne encore des fruits.
[Photo de la vieille vigne]
Chaque année, un viticulteur de Slovénie reçoit de la semence issue de cette vigne, c'est là un immense honneur que peux d'exploitants se voient accorder.
Il est ici pour coutume de couper le vin blanc à l'eau pétillante, formant ainsi un mélange appelé Spritzer, qui se veux roi de toute les fêtes slovènes.
Bonjour Pierre,
Plus qu'un stage, c'est une découverte à laquelle tu nous invites ! Tu la narre vraiment bien ! Super ! Bravo !
Frédéric Soulès enseignant
Commentaires
Plus qu'un stage, c'est une découverte à laquelle tu nous invites ! Tu la narre vraiment bien ! Super ! Bravo !
Frédéric Soulès enseignant