Oyé Oyé !

Depuis, les chevaux ont pris une place énorme dans ma vie. Je monte depuis plusieurs années, principalement en CSO et en dressage, et je suis aujourd'hui moi-même propriétaire. Évidemment, je continue aussi à monter au lycée dès que j'en ai l'occasion.
Au fil des années, mon projet professionnel s'est construit autour du cheval. Je me suis progressivement intéressée non seulement à l'équitation, mais aussi à l'élevage, la sélection, la reproduction, la valorisation et le suivi des jeunes chevaux.
Petite, je disais déjà :
« Maman, plus tard je veux être éleveuse et sortir mes produits en compétition. »
Finalement, quelques années plus tard, me voilà partie en Belgique pour découvrir pendant quatre semaines un élevage spécialisé dans le cheval de sport.
Avec ma camarade Kim PORTELL, nous avons donc quitté la Lozère pour partir à la découverte du monde du cheval de sport belge.
Présentation de la structure de stage

Notre stage s'est déroulé à l'Élevage Sainte-Hermelle, situé à Gouy-lez-Piéton, dans la province du Hainaut, en Wallonie.
La structure est spécialisée dans l'élevage et la valorisation de chevaux de sport, principalement orientés vers le CSO.
L'histoire de Sainte-Hermelle est assez impressionnante. L'élevage s'est développé progressivement depuis sa création et possède aujourd'hui une importante activité autour du cheval de sport.
La structure possède plusieurs installations permettant d'assurer les différentes étapes de la vie et du travail des chevaux : écuries, boxes de poulinage, pistes, carrières, marcheur, douches, espaces de préparation et installations liées à la reproduction.
L'élevage travaille avec différentes origines et différents stud-books. On retrouve notamment des Selles Français, des sBs (Stud-book du cheval de sport belge) et d'autres chevaux issus de lignées sportives.
La structure compte également un cheptel important, avec notamment plusieurs poulinières et de nombreux jeunes chevaux.
Notre maître de stage était Adeline Lefèvre, ancienne cavalière de haut niveau, ayant notamment évolué jusqu'à des épreuves à 1,50 m.
Sur place, plusieurs personnes participaient au fonctionnement de l'écurie : cavaliers, apprentis, personnel d'écurie et personnes intervenant ponctuellement, comme les vétérinaires et les maréchaux.
Sur le papier, c'était donc exactement le genre de structure qui nous intéressait : élevage, reproduction, jeunes chevaux, sport et valorisation.
Et c'est justement ce qui rend notre expérience assez particulière, puisque ce que nous avons réellement découvert pendant le mois a été assez différent de ce que nous imaginions au départ.
Introduction
Quand nous avons appris que nous allions effectuer notre stage Erasmus en Belgique, nous étions vraiment motivées.
Partir à l'étranger pendant un mois, découvrir une autre façon de travailler, observer un élevage reconnu dans le monde du cheval de sport et surtout pouvoir apprendre auprès de professionnels : sur le papier, c'était une expérience incroyable.
Nous nous attendions à découvrir beaucoup de choses autour de la reproduction, de la sélection, du travail des jeunes chevaux, de la préparation aux concours et de la valorisation.
Nous savions évidemment qu'un stage dans une écurie comporterait forcément des tâches de palefrenier-soigneur. Donner le foin, pailler, nettoyer les boxes ou préparer les chevaux font partie du quotidien d'une structure équestre.
Mais nous pensions que ces tâches seraient une partie du stage et qu'elles nous permettraient ensuite d'accéder à davantage d'observations et d'activités techniques.
La réalité a été différente.
Pendant quatre semaines, nous avons principalement réalisé des tâches d'entretien, de nettoyage, de nourrissage et de préparation des chevaux.
Cela ne veut pas dire que nous n'avons rien appris. Certaines situations, notamment les rendez-vous vétérinaires, le concours de poulains et une séance avec de jeunes chevaux, nous ont réellement intéressées.
Mais ce sont surtout ces moments-là qui nous ont permis de découvrir le côté technique du métier que nous étions venues chercher.
Semaine 1 : découverte… et entrée directe dans le rythme
Le départ
Le dimanche, nous avons pris la route direction Bruxelles en train.
Une fois arrivées à la gare, nous avons récupéré une voiture et sommes parties vers notre logement, à proximité de Nivelles.
Nous avons été accueillies dans une chambre d'hôtes vraiment agréable. Nous avons rapidement fait la connaissance de Greg et Laura, les propriétaires du logement, qui ont été adorables avec nous pendant tout le séjour.
Le logement était très bien et nous étions autonomes, ce qui nous a permis d'avoir notre petit rythme à nous après les journées de stage.
Mais dès le lundi matin, retour à la réalité.

Nous avons ensuite découvert notre planning.
Et là, disons que nous avons assez vite rencontrées celui qui nous accompagnerait toute la journée, tout les jours… le balai.
Nous avons été affectées à des tâches de palefrenier-soigneur : foin, paille, nettoyage, balayage, alimentation, préparation des chevaux et sorties au marcheur ou au paddock.
Nous savions que ces tâches faisaient partie du fonctionnement d'une écurie. Ce qui nous a davantage surprises, c'est la place qu'elles ont occupée pendant quasiment tout le mois.
Une séance avec les jeunes chevaux
J’ai notamment vu travailler LeMec, Woodstock et Pyrate.
La séance se déroulait à l'extérieur et avait notamment pour objectif de remettre les chevaux dans une ambiance proche de celle d'un concours.
Les chevaux devaient retrouver leurs repères, se concentrer et enchaîner différents exercices.
Nous avons pu observer des enchaînements autour de 1 m à 1,10 m.
Pour nous, c'était intéressant parce que nous pouvions enfin observer concrètement le travail de chevaux destinés au sport.
Nous avons pu regarder leur comportement, leur façon de travailler et la manière dont les cavaliers les accompagnaient.
C'était exactement le type de situation que nous espérions rencontrer pendant notre Erasmus.
Et forcément, nous aurions aimé en voir davantage.
Une journée type
Nos journées commençaient généralement vers 7 h 30 - 8 h.
Nous arrivions, nous disions bonjour à tout le monde, puis nous commencions directement le travail.
Foin. Paille. Boxes. Balai. Préparation des chevaux. Marcheur. Nettoyage. Préparation pour les cavaliers. Nourriture. Et… Balai. Encore. Et encore.
Et parfois encore une dernière fois, parce qu'apparemment la poussière avait décidé de faire carrière dans l'écurie.
Le midi, lorsque nous avions une pause, nous mangions rapidement avant de repartir pour l'après-midi.
L'après-midi, le fonctionnement était assez similaire : foin, nettoyage, sorties et rentrées des chevaux, préparation, entretien des différentes installations, nettoyage des cuirs ou encore rangement.
Le soir, il fallait à nouveau nourrir les chevaux et terminer l'entretien.
Les journées se terminaient généralement vers 18 h, parfois plus tard.
Nous avons rapidement pris le rythme, même si nous étions assez loin des activités techniques que nous étions venues découvrir.
Semaine 2 : les premiers moments vraiment formateurs

Mais nous avons également commencé à avoir accès à quelques moments beaucoup plus intéressants.
Les rendez-vous vétérinaires
Plusieurs fois par semaine, des vétérinaires intervenaient pour suivre les poulinières.
Nous avons notamment pu observer des échographies et des inséminations.
Ces moments étaient particulièrement intéressants pour nous parce qu'ils correspondaient directement à ce que nous voulions découvrir pendant notre stage.
Le vétérinaire nous expliquait ce qu'il faisait et pourquoi. Nous avons donc pu mieux comprendre le suivi de la reproduction chez les juments et les différentes étapes nécessaires pour assurer leur suivi.
C'était complètement différent du reste de nos journées : pendant quelques heures, nous pouvions réellement observer et comprendre une partie technique du fonctionnement de l'élevage.
Une cliente venue pour un cheval
Nous avons également rencontré une cliente américaine venue essayer un cheval dans l'objectif éventuel de l'acheter.
C'était intéressant de voir qu'une structure belge pouvait avoir une clientèle internationale et que les chevaux de sport pouvaient être commercialisés bien au-delà de la Belgique.
Malheureusement, nous n'avons pas pu assister à l'essai du cheval à l'obstacle.
Nous étions en train de… balayer. Évidemment.
C'est probablement l'un des moments qui résume assez bien notre stage : nous étions dans une structure où il se passait des choses qui nous intéressaient énormément, mais nous n'étions pas toujours en position de pouvoir les observer.
Semaine 3 : poulains, élevage et réalité du terrain

Nous avons participé à la préparation des poulains et des poulinières.
Il fallait les préparer correctement, les nettoyer, les présenter et faire en sorte qu'ils soient dans les meilleures conditions possibles pour leur passage.
Nous avons ensuite pu observer l'évaluation des poulains, notamment leur modèle et leurs allures.
Ce moment était particulièrement intéressant parce qu'il permettait de comprendre comment les jeunes chevaux peuvent être observés et évalués en fonction de leur potentiel futur.
C'était aussi l'un des rares moments où nous avons vraiment pu faire le lien entre élevage, sélection et avenir sportif.
Pour quelqu'un qui s'intéresse à l'élevage de chevaux de sport, c'était forcément un moment important.
Les vétérinaires encore une fois
Les rendez-vous vétérinaires ont également continué.
Même si nous ne participions pas directement à toutes les décisions, nous avons pu observer plusieurs suivis de poulinières et continuer à poser des questions.
Ces moments faisaient partie de ceux où nous avions vraiment l'impression d'apprendre quelque chose.
Des chevaux qui nous ont marquées
Pendant le mois, certains chevaux ont particulièrement retenu notre attention.
Je pense notamment à Nuage, Quality, Pyrate et Quirelle, une petite ponette qui nous a particulièrement fait craquer.
Même si nous n'étions pas là pour monter, nous avons forcément créé des habitudes avec certains chevaux à force de les nourrir, de les préparer, de les soigner et de les côtoyer tous les jours.
C'est probablement l'un des aspects les plus agréables du stage : les chevaux eux-mêmes.
Semaine 4 : retour au bercail

Plus les jours passaient, plus nous avions conscience que le stage touchait à sa fin.
Nous étions contentes d'avoir pu découvrir certaines choses, mais nous étions également fatiguées par le rythme des journées et par la répétition des tâches.
Notre emploi du temps était très chargé, avec des journées du lundi au samedi.
Pendant les périodes de forte chaleur, certaines après-midi ont été raccourcies, mais globalement le rythme est resté très soutenu.
Après quatre semaines, nous avions donc une sensation assez particulière : nous étions soulagées de voir arriver la fin.
Conclusion

Nous avons également découvert une autre façon de travailler et une autre organisation que celles que nous connaissions en France.
Mais surtout, cette expérience nous a permis de comprendre une chose importante : le métier dont on rêve sur le papier ne correspond pas toujours à la réalité que l'on imagine.
Nous pensions principalement découvrir la reproduction, la sélection, les jeunes chevaux et la compétition.
Nous avons finalement beaucoup plus découvert le quotidien d'entretien d'une grande écurie.
Cela nous a parfois déçues, mais cela reste une expérience importante dans notre parcours.
Parce qu'un stage ne sert pas seulement à découvrir ce que l'on veut faire.
Il sert aussi à comprendre ce que l'on ne veut pas faire, ou la manière dont on ne veut pas travailler.
Mon avis sur le stage

J'étais heureuse de partir en Belgique, de découvrir une structure réputée et de pouvoir observer des chevaux de sport.
Mais au fur et à mesure du stage, j'ai été déçue par le manque d'accès aux activités techniques que j'étais venue découvrir.
Nous avons principalement réalisé des tâches de nettoyage, d'entretien et de soins courants.
Ces tâches sont évidemment indispensables au fonctionnement d'une écurie. Je ne remets absolument pas leur importance en question.
Cependant, leur répétition pendant presque tout le mois nous a donné le sentiment de découvrir assez peu les aspects de l'élevage et de la valorisation qui nous intéressaient réellement.
Nous avons également rencontré des difficultés dans nos relations avec une partie de l'équipe et dans l'organisation du stage. Le rythme de travail était très important et nous avons parfois eu le sentiment que notre présence en tant que stagiaires n'était pas suffisamment prise en compte.
Certaines journées étaient particulièrement longues et nous avons parfois travaillé sans véritable pause le midi. Nous avons également travaillé 13 jours consécutifs à un moment du séjour.
Cela a rendu l'expérience physiquement et moralement fatigante.
Mais je ne veux pas retenir uniquement le négatif.
Il y a eu de très bons moments:
Les chevaux, évidemment.
Les rendez-vous vétérinaires.
Le concours de poulains.
La séance avec les jeunes chevaux.
Les moments passés avec Kim.
Et surtout, notre logement.
Greg et Laura, les propriétaires du gîte, ont vraiment été adorables avec nous. Ils nous ont accueillies comme si nous étions chez nous et ont largement contribué à rendre le séjour plus agréable.
Ils nous ont même préparé un gâteau pour mon anniversaire.
Nous avons aussi eu droit à une petite aventure moins glamour : un jour, les toilettes se sont bouchées et les eaux usées ont fini par remonter jusque dans notre logement.
De la chambre à la cuisine, il y en avait littéralement partout.
Pas exactement l'expérience Erasmus que nous avions imaginée, mais au moins, nous avons eu une anecdote à raconter.
Et puis il y a eu tous les fous rires du soir, les repas, les discussions et les moments où nous pouvions enfin souffler après nos journées.
Finalement, cette expérience m'a surtout permis de préciser mon projet.
Elle m'a confirmé que je voulais continuer à travailler avec les chevaux et particulièrement autour de l'élevage, du sport et de la valorisation.
Mais elle m'a également montré le type de fonctionnement que je ne souhaite pas reproduire plus tard.
Je veux pouvoir travailler avec les chevaux dans un environnement où leur bien-être, la transmission des connaissances et le respect des personnes qui travaillent avec eux ont une vraie place.
Même si ce stage ne s'est pas déroulé comme je l'avais imaginé, il restera donc une expérience importante dans mon parcours.
Remerciements

Merci à notre lycée et à l'équipe Erasmus de nous avoir permis de partir en Belgique et de nous avoir donné cette opportunité.
Merci également aux personnes qui nous ont accompagnées dans la préparation du projet et dans les démarches avant notre départ.
Merci à Kim, avec qui j'ai partagé ces quatre semaines. Parce qu'une expérience comme celle-ci est forcément différente lorsqu'on la vit à deux. Entre les journées interminables, les fous rires, les moments de fatigue et toutes nos petites aventures, nous avons quand même créé énormément de souvenirs.
Un immense merci à Greg et Laura, qui nous ont accueillies dans leur logement et qui ont vraiment rendu notre séjour plus agréable. Leur gentillesse, leur bonne humeur et leur disponibilité nous ont fait beaucoup de bien pendant ce mois.
Merci également aux vétérinaires, au maréchal, aux cavaliers et aux différentes personnes rencontrées pendant le stage, qui nous ont permis d'observer certaines facettes du métier et d'en apprendre davantage.
Et évidemment, merci aux chevaux de Sainte-Hermelle, qui restent finalement au cœur de cette aventure.
Parce qu'au bout du compte, même lorsqu'une journée commençait par du foin, continuait avec de la paille et se terminait avec un balai à la main, c'est toujours pour eux que nous étions là.
Quatre semaines en Belgique, beaucoup de chevaux, beaucoup de travail, quelques galères, énormément de souvenirs… et une expérience que je garderai malgré tout avec moi pour la suite.
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