L’agriculture sans frontières
Je m’appelle Yohann et j’ai 18 ans. Je suis actuellement étudiant en BTS ACD (Agronomie et Cultures Durables) au lycée agricole Naturapolis de Châteauroux, dans l’Indre (36).Dans le cadre de mon cursus scolaire, mon lycée m’a offert l’opportunité de partir en stage à l’étranger pendant quatre semaines, afin de découvrir les pratiques agricoles, mais aussi la culture et le mode de vie d’un autre pays.
C’est ainsi que, le 9 août 2026, mon camarade Enzo et moi sommes partis pour Tvrdošín, en Slovaquie, une ville située à seulement 15 minutes de la frontière polonaise.
Située dans la région montagneuse de l’Orava, au nord de la Slovaquie, Tvrdošín est une ville ancienne dont les origines remontent au Moyen Âge. Elle possède notamment de magnifiques monuments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui donnent forcément envie de partir à leur découverte.

L’aventure commence déjà par le voyage !
Dimanche 9 août 6 h 15 le réveil sonne. Le jour du départ est enfin arrivé. Le stress commence légèrement à monter et les derniers préparatifs se terminent rapidement.
Nous prenons ensuite la voiture pour nous rendre à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. L’embarquement se déroule sans accroc. Avant de partir, je fais mes derniers au revoir à ma famille. Vingt-huit jours sans être avec eux : une première pour moi !

En sortant de l’aéroport, nous faisons connaissance avec notre maître de stage, Alexis. Pendant le trajet, nous avons le temps d’échanger et d’apprendre à nous connaître.
Après plusieurs heures de voyage, nous arrivons enfin sur son exploitation. Alexis nous présente notre logement pour les prochaines semaines. Après avoir déballé nos valises et fait quelques courses, nous profitons des dernières heures de la journée.
Avant que le soleil ne se couche, Alexis nous fait visiter la ferme et nous explique son fonctionnement.
L’exploitation est conduite en agriculture biologique. Alexis élève environ 250 vaches laitières ainsi que 200 chèvres. Il possède également 80 hectares de terres labourables, dont environ 45 hectares de luzerne. Le reste des terres est consacré à différentes cultures : blé, orge, pois et pommes de terre.
Au cours de la visite, nous nous rendons rapidement compte de la taille de l’exploitation. Je vous laisse maintenant la découvrir vue du ciel dans cette petite vidéo.
Après cette première visite guidée, suivie d’un bon premier repas, cette journée s’achève.
Il est maintenant temps de se reposer, avec beaucoup d’excitation et d’impatience à l’idée d’attaquer ma première journée de travail dans cette ferme dès demain !
Chapitre 2 — Ma première journée sur l’exploitation
Lundi 10 août 6 h 30. Le réveil sonne sous un soleil déjà bien lumineux. Après une bonne nuit de sommeil pour récupérer du voyage, rien de mieux qu’un bon café chaud pour commencer la journée. À 7 h, je suis prêt et motivé à me mettre au travail.

Même si travailler sur une exploitation agricole est une première pour moi, une certaine appréhension est présente. Mais, au fond, c’est surtout l’impression de voir enfin se réaliser un rêve depuis longtemps.

Le robot doit tout d’abord être nettoyé. Alexis m’explique son fonctionnement et me montre les différentes étapes du nettoyage : un bon coup de jet d’eau à l’intérieur de la zone où les vaches viennent se faire traire, puis le nettoyage de la caméra et de l’ensemble du bras électrique. Une fois cette opération terminée, le robot est prêt pour la journée.


Après cela, il est temps de récupérer le lait de chèvre pour l’emmener à la fromagerie de l’exploitation, située à une centaine de mètres. L’opération est simple, rapide et efficace. Une fois le lait transporté, un nettoyage du matériel s’impose.
Ces premières missions peuvent sembler simples, mais elles sont essentielles au bon fonctionnement de l’exploitation et doivent être réalisées quotidiennement.
Un peu plus tard dans la matinée, un homme arrive avec son camion. Il s’agit d’un véritable atelier mobile de transformation, capable de concasser le grain et de réaliser des mélanges avec différents produits.

Déjà 11 h ! Ici, on mange tôt. Pour le déjeuner, nous avons droit à une soupe milanaise aux quenelles de beurre, accompagnée d’un filet mignon de porc rôti avec une sauce aux poivres verts et du riz vapeur.

Après cette pause déjeuner, un petit café permet de reprendre des forces avant de retourner au travail à 12 h 30.



Nous commençons par prendre différentes mesures afin de déterminer précisément leur emplacement. Puis, il faut sortir les gros bras pour creuser les fondations… à la pelle et à la pioche !
Après quelques pelletées, nous récupérons les poutres et les installons sur le hangar. Elles sont ensuite soudées, tout en vérifiant régulièrement leur alignement et leur niveau.
Une fois les poutres correctement positionnées, le béton est coulé. Le travail est terminé et la fin de journée approche déjà.
Avant de terminer cette première journée, il me reste une dernière mission : nettoyer le robot de traite et remplacer le filtre, comme le matin.
Une fois tout cela terminé, il est enfin temps de rentrer dans notre logement. Mais avant cela, nous faisons un passage par la fromagerie de l’exploitation afin de récupérer quelques bons produits.
Avec Enzo, nous débriefons ensuite tranquillement de notre journée. Nous mangeons un morceau, puis partons nous coucher après cette première journée bien remplie.
Cette première journée a été une très belle expérience. Même si elle a principalement été consacrée à des travaux manuels, je suis vraiment content d’avoir déjà pu apprendre autant de choses.
Elle m’a également permis de réaliser une chose importante : l’agriculture ne se résume pas aux gros tracteurs et aux machines. Derrière chaque exploitation, il y a aussi énormément de travail manuel, d’entretien, de bricolage et de tâches quotidiennes indispensables à son bon fonctionnement.
Et ce n’est que le début de l’aventure…
Chapitre 3 — Une première fois au volant du Bobcat
Mardi 11 août 6 h 30 comme hier, le réveil sonne. Dès le lever, je me prépare un bon café pour bien commencer la journée. À 7 h, je suis prêt à faire feu et à attaquer une nouvelle journée de travail.
Je commence par ma tâche quotidienne : le remplacement du filtre et le nettoyage du robot de traite. Tout se déroule sans accroc, puis je rejoins Alexis. Il me demande alors d’aller voir un veau qui se trouve dans la prairie située à côté de la ferme. Je me lance donc à sa recherche sous se magnifique paysage.

Le père d’Alexis me rejoint et nous recommençons les recherches ensemble. Nous parcourons la prairie en long, en large et en travers, mais toujours aucune trace du veau. Nous commençons à craindre qu’il se soit enfui. Heureusement, plus tard dans la journée, quelqu'un finis par l’apercevoir. Le petit filou devait vraiment être bien caché !



Je me mets donc au travail et commence à retirer le fumier. Tout se passe très bien et, pour une première utilisation, Alexis me dit que je me débrouille bien. Une fois le curage terminé, je vais chercher une botte de paille afin de la répartir sur toute la surface.
Et voilà un nouveau lit douillet pour les vaches !
Je rejoins ensuite mon camarade Enzo, qui était en train de nourrir les vaches, puis nous partons faire une petite pause-café avec l’équipe.

Nous enchaînons ensuite avec une tâche un peu plus longue : déplacer du blé d’un hangar à un autre. Pour la première fois sur l’exploitation, le blé est infesté de charançons un insecte qui perce le grains de blé. Avec les ouvriers, nous prenons donc nos pelles et nos balais, ainsi qu’un télescopique pour déplacer une première partie du blé avant d’aller déjeuner.
Ce midi, nous avons droit à une soupe aux pois et à la saucisse, suivie d’une tranche de poulet accompagnée de légumes grillés, d’une sauce au yaourt et aux herbes, ainsi que de pommes de terre au four.
Encore une fois, un vrai régal !




Une fois cette étape terminée, nous appliquons un produit ressemblant à de la peinture afin d’essayer de nous débarrasser des charançons restants. Le hangar est presque entièrement repeint en blanc et plusieurs couches sont appliquées.
La journée se termine, comme chaque soir, par ma tâche habituelle : nettoyer le robot de traite et remplacer le filtre.
Une fois rentrés à la maison, nous partons faire quelques courses dans le magasin situé à côté afin de remplir le réfrigérateur. La nuit tombe, place à un petit apéritif bien mérité après cette longue journée. Et c’est ainsi que s’achève ma deuxième journée en Slovaquie.
Aujourd’hui, j’ai notamment eu l’occasion de conduire pour la première fois un chargeur compact, une nouvelle expérience très intéressante pour moi. J’ai encore appris énormément de choses et, surtout, je ne vois vraiment pas les journées passer. Chaque jour apporte son lot de nouvelles tâches et de découvertes.
Demain sera un nouveau jour, avec encore certainement beaucoup de choses à apprendre et de nouvelles expériences à vivre. Je suis impatient de continuer à progresser et à m’épanouir dans ce stage !
Chapitre 4 — Quand le travail devient une aventure
Mercredi 12 août. Comme à mon habitude désormais, le réveil sonne à 6 h 30. Le café coule et je suis déjà prêt et au pied de guerre pour attaquer ma troisième journée de stage. Les automatismes viennent rapidement et je me dirige directement vers la salle de traite des vaches pour nettoyer le robot et effectuer le changement du filtre. Cela devient maintenant un véritable jeu d’enfant.
La suite de la matinée se poursuit avec une nouvelle mission. Nous devons déplacer une partie de la clôture des chèvres de la ferme. Ce sont elles qui entretiennent certaines zones enherbées et, dans notre cas, une partie du terrain était en friche, autrement dit complètement envahie par une végétation très haute. Ce sont de véritables tondeuses, et en plus 100 % écologiques. Elles mangent absolument tout et, en plus de cela, elles sont très mignonnes.
Je reprends alors mon bolide de compétition, le chargeur compact. Dans un premier temps, je dois déplacer les différents outils du Bobcat, à savoir deux godets et une fourche. Cela me permet également d’apprendre à détacher puis à attacher un outil sur le chargeur. Cela est finalement assez simple, je n’aurais pas cru. Il suffit juste d’un peu de délicatesse et de précision.



Vient ensuite le déplacement d’un vieux petit cabanon métallique assez volumineux. En étant attentif et concentré, tout en prenant mon temps, l’opération se déroule très bien. Après avoir débarrassé un peu de bazar, la clôture peut enfin être déplacée. Pour cela, nous déplaçons les barrières grâce au chargeur.
Désormais, les chèvres vont pouvoir se régaler.
À 9 h, comme à leur habitude, la pause-café s’impose. Un petit boost d’énergie avant de repartir de plus belle.
Après cela, la pelleteuse entre en scène afin d’intervenir dans une opération plutôt périlleuse. Souvenez-vous de l’installation des deux poteaux dans le chapitre 2? Eh bien, les deux petits poteaux installés ne sont finalement pas correctement alignés par rapport aux deux poutres de fondation qui soutiennent tout le hangar.
Pour résoudre ce problème, la meilleure solution selon eux est de déplacer l’une des poutres principales du hangar afin que tout soit correctement aligné. La pelleteuse creuse alors autour de la fondation afin de permettre son déplacement grâce au télescopique.



C’est une opération dangereuse. Si la poutre s’effondre, c’est l’entièreté du hangar qui risque de s’écrouler. La charpente craque, les bruits de métal se font entendre et tout le monde retient son souffle. Tant bien que mal, l’opération est finalement un véritable succès. Désormais, tout est parfaitement aligné. Cependant, c’était une prise de risque importante et la solution la plus simple aurait peut-être été de dessouder puis de ressouder correctement les deux petits poteaux.
Vient ensuite le repas du midi. Ce midi, nous avons au menu une soupe aux choux avec une roulade de porc et du poulet accompagnés d’une sauce aux champignons frais, de riz cuit à la vapeur et de concombre mariné. Comme d’habitude, c’est un véritable délice.
L’après-midi s’enchaîne et elle s’annonce chargée. Le cousin d’Alexis, venu passer quelque temps en vacances, est venu nous rejoindre. L’après-midi est consacrée au triage des petits pois. Au préalable, Alexis avait loué une trieuse. La raison de ce triage est qu’il souhaite séparer les résidus, mais également les pois abîmés, puisque la récolte a été réalisée avec une humidité trop importante et qu’une partie des pois a commencé à pourrir pendant le stockage.
Nous préparons et installons la machine. Une vis sans fin permet d’alimenter la trieuse en petits pois, un big-bag récupère les résidus et le télescopique permet de récupérer les pois triés.

La trieuse se met en route et le triage commence. Je suis chargé de l’alimenter en petits pois. Avec Alexis, Tony, son cousin, Enzo et moi-même, nous allons brasser, pelleter et trier quatre tonnes de petits pois en six heures.
Une tâche extrêmement longue et fatigante, mais qui a également été un très bon moment de convivialité. Durant ces six heures, nous avons travaillé durement, mais nous avons aussi rigolé, appris et bu quelques bières.

À 18 h 30, la machine s’arrête définitivement. Les quatre tonnes sont passées par la trieuse et la fin de journée approche.

Pour finir cette journée en beauté, Alexis nous invite chez lui avec son beau-père et son cousin. Cela nous permet de leur donner le cadeau de remerciement que nous avions prévu pour les remercier de nous accueillir. Il était composé de pâté, de vin, de sirop et de gâteaux locaux du Berry. Nous avons ensuite pris un apéritif et partagé un bon repas commandé pour l’occasion, tout en nous racontant de nombreuses anecdotes.
Cette journée a été un véritable moment de partage avec une partie de la famille d’Alexis. Nous avons pu encore mieux faire connaissance et le triage des petits pois a finalement été un très bon moment. C’est aussi ce que j’aime dans ce travail. Une tâche qui peut être épuisante et pénible peut finalement se transformer en un moment amusant et convivial grâce à la bonne équipe que nous avons formée aujourd’hui. Cette troisième journée de stage m’a encore permis d’apprendre de nouvelles choses, de découvrir de nouvelles tâches et surtout de passer un excellent moment avec les personnes qui m’entourent.
Chapitre 5 — Une matinée au cœur des montagnes
Jeudi 13 août 6 h 30, café, habillé… Vous commencez à connaître ma routine. Je me dirige vers la salle de traite pour nettoyer le robot et changer le filtre. Je nettoie également les cuves à lait des vaches et des chèvres de fond en comble. Je peux vous assurer qu’elles brillaient !
Ce matin, c’est une matinée promenade. Nous nous apprêtons à emmener les vaches dans une prairie située en plein cœur des montagnes. Enzo, mon camarade, attache la bétaillère au tracteur, puis nous chargeons au total deux vaches mères et neuf veaux. Ils vont partir rejoindre un taureau et une autre vache mère déjà présents dans la prairie. Le chargement se déroule facilement et sans aucun problème.
Alors que nous nous apprêtons à partir, Alexis nous explique qu’en Slovaquie, pour conduire un tracteur sur la route, il faut un permis spécifique. Il prend donc lui-même le tracteur et nous le suivons avec ce magnifique Toyota Hilux, réputé pour sa robustesse impressionnante.

Le trajet est court, seulement quelques kilomètres, et nous arrivons déjà à bon port. Après quelques manœuvres avec la bétaillère, nous ouvrons les portes afin de libérer les vaches, qui vont pouvoir profiter de cette belle herbe encore bien verte.
Nous apercevons le taureau. Il semble très heureux d’avoir de la visite et a désormais de quoi s’occuper. Nous marchons un peu dans la prairie et agrandissons également l’espace en déplaçant la clôture électrique. Une fois cela fait, nous prenons le temps d’observer le paysage avant de rentrer. Mais, contre toute attente, nous apercevons des veaux qui se sont échappés de la prairie et se trouvent au sommet de la colline. C’est alors qu’une course contre la montre s’engage. Nous courons en direction du Hilux pour rattraper les veaux en fuite. En empruntant des chemins de terre remplis de trous à une vitesse plutôt folle, nous parvenons à les rattraper. Nous les encerclons et réussissons finalement à les faire rentrer dans la prairie, en prenant bien soin de remettre correctement la clôture électrique.
De retour à la ferme, je prends mon petit café de 9 h, qui s’est finalement transformé en café de 10 h. Il n’y a ensuite plus grand-chose à faire. Alexis nous montre alors une partie des documents administratifs qu’il doit gérer dans son bureau, jusqu’à l’heure du déjeuner.
Au menu ce midi, nous avons des saucisses de Francfort, puis de l’échine de porc rôtie au romarin et aux oignons verts, accompagnée de choucroute et de lardons.
Miam-miam !
L’après-midi est bien plus calme. Après notre café, nous avons notre après-midi de libre. On nous propose donc, si nous le souhaitons, d’aller nous promener afin de voir les vaches que nous avons emmenées le matin même, ainsi que d’autres vaches qui avaient été déplacées avant notre arrivée. Nous avons ainsi pu découvrir de magnifiques paysages. Les montagnes sont sublimes à observer et je vais pouvoir vous faire partager ce moment grâce à cette petite vidéo qui montre à quel point l’endroit où je me trouve est fantastique.
Après avoir profité de cette belle vue et vérifié que les vaches allaient bien, nous rentrons tranquillement.
Nous poursuivons ensuite notre journée en nous reposant, en faisant quelques courses et en travaillant sur le blog. Puis, bien sûr, vers 15 h 30, je repars nettoyer le robot et le filtre de la salle de traite des vaches.
C’est ainsi que se termine cette petite journée, qui m’a permis de découvrir de magnifiques paysages qui resteront gravés dans ma mémoire. Demain, la journée sera plus intense. Je dois donc être en pleine forme !
Chapitre 6 — Une journée au rythme de la moisson
Vendredi 14 août, c’est sous ce soleil radieux et dans ce magnifique paysage que je me réveille à 6 h 30 pour partir au travail à 7 h.



La matinée continue et je cure la fosse à lisier des vaches. L’odeur n’est pas forcément très agréable, mais elle n’est pas insupportable non plus. Une fois que l’on s’y habitue, on n’y fait finalement plus vraiment attention.

Cette étape terminée, l’heure de la pause-café a sonné. Toujours un très bon remontant pour repartir de plus belle !
Je pars ensuite retrouver les vaches que nous avions mises en prairie la veille. Pour cela, je prends le Toyota et je me dirige vers leur pâture. Bonne nouvelle, aucune vache ne s’est échappée et tout le monde est bien présent à l’appel.

De retour à la ferme, Enzo et Alexis étaient partis pour un moment que tout le monde adore dans l’agriculture. Je parle bien évidemment de la moisson. En France, les moissons sont terminées depuis le début du mois de juillet, mais chez Alexis, il reste encore quelques parcelles de blé à récolter. Nous commençons par le premier champ. Nous réalisons simplement le premier détourage dans la matinée et il est déjà 11 h, l’heure de partir manger un morceau.
Au menu ce midi, nous avons une soupe à l’ail avec du fromage et des croûtons, puis des escalopes de poulet panées au fromage accompagnées d’une purée de pommes de terre.

Fin du repas, un bon café bu et nous repartons vers la moissonneuse-batteuse pour continuer le champ.
Pendant qu’Enzo et Alexis travaillent dans le champ, Alexis me propose de continuer la route afin de monter au sommet d’une petite montagne pour admirer la vue et y faire des plans au drone. Et effectivement, c’est une merveilleuse vue. Je vous laisse en juger par vous-même.
Quand je vois toute cette verdure et ces chênes de montagne, je me dis que ce genre de paysage fait vraiment partie des plus beaux que j’ai pu voir.
Je redescends ensuite retrouver la moisson, ce moment que tout le monde aime tant. C’est pourquoi je vous montre quelques plans de cette journée de moisson.
Le premier champ terminé, ils partent attaquer le deuxième, tandis que je redescends à la ferme pour récupérer un tracteur afin d’aller chercher des bottes de foin qui viennent tout juste d’être faites. Le tracteur est très simple à conduire. Il faut simplement rester vigilant, comme à chaque fois. Prendre des bottes avec ce type de chargeur est également une petite première pour moi. Au fur et à mesure que je récupère les bottes, je prends donc de plus en plus le coup de main. Cinq bottes de foin plus tard, je retrouve Alexis dans l’autre champ pour récupérer Enzo, afin de donner à manger aux animaux, nettoyer le robot et changer le filtre.
Une fois cela fait, nous repartons dans le champ et mangeons un petit sandwich vers 16 h pour tenir jusqu’au soir. Alexis et Enzo repartent dans la moissonneuse-batteuse, tandis que je remonte dans le premier champ pour regrouper les bottes de paille. Une petite mission qui me prend environ une heure.
Une fois terminé, je les retrouve en bas dans le champ et, cette fois-ci, je dois enlever les bottes de paille qui pourraient potentiellement gêner le passage de la moissonneuse-batteuse. Le champ terminé, il est déjà 19 h. Nous replions le matériel et nous rentrons.
Sur le chemin du retour, la moissonneuse-batteuse doit passer sur un vieux pont datant de la Seconde Guerre mondiale. On peut littéralement passer un pied à travers ! La machine passe à quelques centimètres près et, pendant ce temps, je ramène la barre de coupe de la moissonneuse-batteuse jusqu’à la ferme.

Au bilan de cette moisson, le rendement est estimé à environ 55 quintaux par hectare en agriculture biologique, ce qui représente un excellent résultat pour Alexis. Nous terminons la soirée chez lui autour d’un petit apéritif et d’un repas, avant d’aller nous coucher après cette belle et longue journée.
La moisson n’est pas une première pour moi. J’ai déjà eu l’occasion d’en faire quelques-unes, mais malgré cela, quel bonheur ! Pour le peu de fois où j’ai pu y participer, je trouve toujours ce moment tellement excitant. Voir tout le travail réalisé pendant une année entière être récolté en seulement quelques heures est quelque chose de vraiment impressionnant.
C’est l’un des moments qui me fait particulièrement aimer l’agriculture.
Chapitre 7 — La fin de la moisson 2026
Samedi 15 août, je me lève à 8 h 30. Étant en week-end, nous avons enfin pu nous réveiller à l’heure que nous voulions. Vers 9 h, c’est l’heure de la pause-café pour les ouvriers. Nous descendons donc pour voir ce qu’ils font et nous retrouvons Alexis déjà au pied de guerre depuis un bon moment. Ce matin, il doit souffler et nettoyer la moissonneuse-batteuse.
Il nous demande également si nous souhaitons être présents pour la moisson aujourd’hui, même si nous sommes en jour de repos. Je ne raterais cette occasion pour rien au monde ! Même si c’est, en théorie, un jour de repos, la passion passe en priorité. Voir la moisson est toujours un véritable plaisir.
Le reste de la matinée, nous soufflons et graissons la moissonneuse-batteuse afin de la préparer pour récolter le dernier champ de la ferme et, par la même occasion, le dernier champ de la saison 2026.

Vers 11 h, nous retournons au logement et mangeons rapidement un petit quelque chose avant de repartir pour cette dernière journée de moisson. Nous quittons ensuite la ferme en direction du champ où Alexis est déjà en train de récolter. J’emmène la benne et Enzo prend la presse à balles. La dernière moisson est lancée. Les derniers hectares sont en train d’être récoltés, alors je vous laisse découvrir ce moment en vidéo.
Nous sommes quatre dans la même parcelle. Alexis est au volant de la moissonneuse-batteuse, Enzo conduit la presse à balles, le beau-père d’Alexis s’occupe des bennes et, de mon côté, je conduis le tracteur équipé d’une fourche pour regrouper les bottes de paille afin d’éviter qu’elles ne gênent Alexis lors de ses manœuvres.
Les heures passent et les hectares s’enchaînent. La fin de journée approche et la moisson touche bientôt à sa fin. Encore quelques allers-retours et ce sera terminé.
Samedi 15 août à 19 h 45, la moisson 2026 d’Alexis est officiellement terminée. Au total, ce sont 7 hectares qui auront été récoltés, pour un rendement en blé biologique d’environ 55 quintaux par hectare. Une nouvelle fois, c’est un très bon résultat. La moisson terminée, nous replions le matériel et quittons le champ. La dernière benne est vidée à la ferme, puis le moteur de la moissonneuse-batteuse s’éteint.

La soirée se termine chez Alexis afin d’arroser la fin des moissons autour d’un apéritif et d’un petit repas.
La fin d’une campagne, mais pas du travail
La campagne 2026 s’achève ici… mais une nouvelle campagne, celle de 2027, vient tout juste de commencer ! Après avoir récolté les cultures de cette année, il faut déjà penser à la prochaine. C’est aussi ça, l’agriculture. Une campagne se termine, mais la suivante commence presque immédiatement.
Cette dernière journée de moisson restera pour moi un excellent souvenir. Pouvoir participer à la récolte du dernier champ de l’exploitation, au milieu de quatre engins agricoles, aura été une belle façon de terminer cette moisson 2026.
Chapitre 8 — Entre histoire et légendes
Dimanche 16 août, nous sommes en week-end et nous pouvons enfin nous reposer un peu en faisant une petite grasse matinée. Bien évidemment, comme à mon habitude, je ne rate jamais mon café du matin. Une fois cela fait, ma matinée est consacrée à éditer des vidéos prises avec le drone et à travailler sur mon blog. Midi arrive et nous mangeons un petit quelque chose avant de nous préparer pour notre sortie du week-end.
L’après-midi commence tout juste et nous décidons d’aller visiter le château d’Orava, plus connu sous le nom de château de Dracula. Il se trouve à environ 30 minutes de la ferme et Alexis nous prête gracieusement sa voiture pour l’après-midi. Le trajet est magnifique. Sillonner les routes de montagne nous offre des vues incroyables sur les paysages slovaques. Le voyage s’achève et nous arrivons enfin devant le château d’Orava.
Je vous emmène avec moi pour vous raconter son histoire, que j’ai pu découvrir tout au long de cette visite.
Le château d’Orava est construit sur un imposant rocher qui domine la rivière Orava. Sa première mention écrite date de 1267, mais une forteresse existait déjà auparavant à cet emplacement. Elle avait notamment pour rôle de protéger la région et les routes commerciales.
Au cours du Moyen Âge, le château appartient à plusieurs seigneurs et familles importantes. Il passe notamment entre les mains de Matthieu Csák de Trenčín, l’un des plus puissants seigneurs de Hongrie à cette époque, avant de revenir sous l’autorité de la couronne.
En 1556, le château passe aux mains de la famille Thurzo. C’est cette famille qui va profondément transformer le château. Durant plusieurs décennies, elle agrandit et modernise les différentes parties de la forteresse. Le château prend alors progressivement la forme que l’on peut encore observer aujourd’hui. Il est composé de trois parties principales, le château inférieur, le château central et le château supérieur.
D’ailleurs, une fois arrivés au château supérieur, la vue est splendide.
[Vidéo]
Juraj Thurzo, l’un des membres les plus importants de la famille, fait notamment construire la chapelle Saint-Michel, consacrée en 1611.
Après l’extinction de la famille Thurzo, le château passe sous la gestion de plusieurs familles nobles, notamment les Esterházy, les Erdődy et les Zichy. Le domaine d’Orava est alors géré collectivement par plusieurs propriétaires.
En 1800, un important incendie ravage une grande partie du château. Les bâtiments sont fortement endommagés et plusieurs années de travaux sont nécessaires pour le restaurer. Au XIXe siècle, la famille Zichy participe notamment à la reconstruction et au développement du domaine.
Le château devient également un lieu de conservation d’objets historiques et de collections. Après la Seconde Guerre mondiale, d’importants travaux de restauration sont entrepris et le château devient progressivement le musée que l’on peut visiter aujourd’hui.
Une histoire qui fait froid dans le dos
Difficile de parler du château d’Orava sans évoquer Dracula et l’univers de l’horreur. Perché sur son immense rocher, entouré de montagnes, avec ses murs sombres, ses tours et ses passages étroits, le château possède une atmosphère qui pourrait tout droit sortir d’un film d’épouvante.
En 1922, le réalisateur allemand F. W. Murnau choisit justement le château d’Orava pour représenter le château du comte Orlok dans Nosferatu, une symphonie de l’horreur. Le film, inspiré du roman Dracula de Bram Stoker, est aujourd’hui considéré comme l’un des grands classiques du cinéma d’horreur. Le château devient alors la demeure du célèbre vampire, avec son architecture inquiétante qui se prête parfaitement à l’ambiance du film.
Presque un siècle plus tard, le château retrouve son rôle dans l’univers de Dracula. La série Dracula, diffusée en 2020 sur Netflix, utilise à nouveau le château d’Orava pour représenter la demeure du vampire en Transylvanie. En parcourant les lieux, il suffit parfois d’imaginer les couloirs plongés dans l’obscurité, les portes qui grincent et un personnage avançant seul dans les escaliers pour comprendre pourquoi cet endroit a été choisi à plusieurs reprises pour des histoires de vampires.
Après cette belle et formidable visite, nous partons en fin d’après-midi faire un tour au lac d’Orava. Nous en profitons pour prendre une petite bière sans alcool, car en Slovaquie, le taux d’alcool autorisé au volant est de 0 g/L.
Après cela, la soirée s’achève tranquillement. C’est aussi la fin de cette première semaine, déjà bien remplie, et je suis ravi de tout ce que j’ai pu vivre jusqu’à présent.
J’ai appris énormément de choses, les journées défilent à une vitesse folle, tout le monde est vraiment sympa et nous nous amusons énormément. Et surtout, l’aventure est loin d’être terminée… à condition que le temps arrête de passer aussi vite !
À suivre…
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Frédéric Soulès
Yohann CABELLO
Frédéric Soulès