FrancE
De Marrakech aux ruches du Luberon : ma première semaine d'apiculture bio en France
De Marrakech aux ruches du Luberon : ma première semaine d'apiculture bio en France
📍 Lieu : La Miellerie du Grand Luberon, Cucuron, Provence — France
🗓️ Période : Juin 2026
🎓 Programme : Stage 250 — ITSA Souihla, Marrakech
Une valise, 400 ruches, et beaucoup d'inconnu
Je m'appelle Zakarya MAROUAN , étudiant en Gestion des Entreprises Agricoles à l'ITSA Souihla de Marrakech. Ce mois de juin, j'ai posé ma valise dans le Luberon, en Provence, pour un stage de six semaines dans une exploitation apicole. Pas n'importe laquelle : la Miellerie du Grand Luberon, une ferme certifiée bio depuis 1999, gérée par Florence et Thierry et leur fille Coline.

Un accueil qui donne envie de tout apprendre
Dès le premier jour, Florence et Thierry m'ont mis à l'aise comme si je faisais partie de la famille. Logement, repas, activités pour découvrir la région — ils ont tout prévu pour que mon séjour soit non seulement formateur, mais aussi humain. Ce genre d'accueil, ça change tout quand on est à des milliers de kilomètres de chez soi.
Ce qui m'a frappé dès le départ, c'est leur façon de parler de leurs abeilles. Pas comme d'un outil de production, mais comme d'un écosystème vivant qu'il faut respecter, comprendre, écouter presque. Pour quelqu'un qui n'avait jamais vu une ruche de près au Maroc, c'était une première leçon inattendue.

Une première semaine riche en découvertes
Dès la première semaine, j'ai plongé dans le cœur du métier d'apiculteur. Et le rythme était intense, dans le bon sens du terme.
Première grande découverte : la transhumance. Le principe est simple mais fascinant — déplacer les ruches la nuit, quand toutes les abeilles sont rentrées, vers de nouveaux sites de floraison pour suivre le calendrier des fleurs. Nous avons effectué un déplacement de Cucuron jusqu'en Ardèche, et j'y ai participé activement : préparer les ruches pour le transport, les charger avec soin, veiller à ne pas stresser les colonies. Des centaines de milliers d'abeilles dans un camion, en pleine nuit, sur les routes de Provence — c'est une expérience difficile à décrire, mais impossible à oublier.
Mais la transhumance ne se limite pas aux grands voyages. Ici à Cucuron même, Florence et Thierry déplacent aussi certaines ruches sur des sites proches, notamment pour la production du miel de lavande — l'une des grandes spécialités de la Miellerie. Voir comment chaque emplacement est choisi en fonction de la floraison, de l'exposition, de la saison, m'a montré que l'apiculture est une véritable science du territoire.

Cette semaine, j'ai aussi eu la chance de visiter des ruches situées à proximité de Marseille, ce qui m'a permis de comparer des environnements très différents et de comprendre comment les abeilles s'adaptent à chaque milieu.
Et enfin, une visite qui restera gravée dans ma mémoire : nous sommes allés chez un ami apiculteur pour une opération très technique — le marquage des mâles en vue de l'insémination artificielle des reines. Je n'avais aucune idée que l'apiculture pouvait aller aussi loin dans la maîtrise génétique des colonies. C'est un niveau de technicité que je n'aurais jamais imaginé trouver dans une ferme.

"Au Maroc, je connaissais l'agriculture des champs, des vergers, des serres. L'apiculture était pour moi un mot de manuel scolaire. Ici, en une semaine, elle est devenue une réalité physique, vivante, technique et parfois vertigineuse."
Ce que j'apprends sur le bio
La Miellerie du Grand Luberon est certifiée bio depuis 1999. Ça veut dire : pas de traitements chimiques, des abeilles qui se nourrissent uniquement des fleurs sauvages de la région (lavande, romarin, thym, garrigue), et un respect total du rythme naturel de la colonie.
En cours à l'ITSA, on parle de durabilité agricole, de certification, de cahiers des charges. Ici, je le vois en vrai, au quotidien, dans chaque décision que prennent Florence et Thierry. C'est une autre façon d'apprendre — et clairement la meilleure.

La suite
Ce n'est que le début. Bientôt viendra la saison de l'extraction du miel. J'espère aussi comprendre davantage comment Florence et Thierry décident quand et où déplacer leurs colonies — une véritable science du territoire et des saisons.
Blog rédigé dans le cadre du programme Stage 250, partenariat franco-marocain entre les ministères de l'Agriculture de France et du Maroc.
Établissement d'origine : ITSA Souihla — Marrakech, Maroc
Ferme d'accueil : La Miellerie du Grand Luberon — Cucuron, Provence

Commentaires