De la terre marocaine aux champs français: mon expérience au-delà des frontières
Qui suis-je❓
Je suis née les mains dans la terre🌍.
Bonjour 👋🏻, moi c’est Aya Elmlilah, j’ai 20 ans.

Je suis étudiante à l’Institut Prince Sidi Mohammed, je me forme dans la commercialisation des intrants agricoles🚜. Mais au fond, je suis surtout une passionnée du vivant💦, de ce qui pousse🌱, respire 😮💨et se transforme🌾
Depuis toujours, une graine me fascine😮 : comment quelque chose d’aussi petit 🤔peut traverser la terre🌍, affronter les saisons🌦️, et devenir une source de vie 💧pour des centaines de personnes (🧍♂️ x 1000). Pour moi, chaque culture raconte une histoire silencieuse 🔕 .
Curieuse 🧐et patiente d’apprendre, ma curiosité m’a menée jusqu’en France 🇫🇷 pour effectuer un stage.
Actuellement, j’effectue un stage dans une ferme biologique où se croisent la culture de l’ail 🧄et la transformation du blé 🌾 en pain 🍞 , entre le champ et le fournil , de la terre au produit fini 🧄🍞
Aujourd’hui, je vous invite à découvrir cette aventure qui m’a menée du Maroc jusqu’au sud de la France, au fil des champs 🌾, des rencontres et des apprentissages ✍🏻qui me transforment📈 un peu plus chaque jour.
🌍 Et si ce voyage était une page ouverte… bienvenue 🤗dans mon carnet vivant🗒
Épisode 1 — Le jour où tout a commencé
Chaque aventure commence par un instant que l’on croit ordinaire.
La mienne a commencé devant une simple feuille affichée sur un mur.
Je cherchais un nom parmi tant d’autres. Mes yeux parcouraient la liste sans vraiment savoir à quoi m’attendre… puis je l’ai vu.

Aya Elmlilah.
J’étais sélectionnée.
À cet instant, je ne savais pas encore que ce simple nom allait m’emmener de l’autre côté de la Méditerranée, jusqu’au sud de la France.
Je ne savais pas encore que j’allais découvrir une autre façon de cultiver la terre, rencontrer des personnes qui marqueraient mon histoire, apprendre bien plus que des techniques agricoles et grandir à travers chaque expérience.

Ce jour-là, ce n’était qu’un nom sur une liste.
Aujourd’hui, je comprends que c’était le premier chapitre d’une aventure que je n’oublierai jamais.
Grâce au programme Stage 250, j’ai eu la chance de venir en France pour effectuer un stage au cœur d’une ferme biologique située dans le sud du pays.
Cette exploitation cultive notamment de l’ail,les lentilles,les pois chiches, transforme ses céréales en farine et fabrique son propre pain dans un fournil artisanal. Ici, chaque étape raconte une histoire : celle d’une agriculture qui respecte le vivant, de la terre jusqu’au pain.
À travers ce blog, je vous invite à découvrir cette aventure à mes côtés, entre découvertes, rencontres, apprentissages et petits instants qui rendent cette expérience unique

Épisode 2 — 36 heures pour changer d’horizon
On dit que les plus grands voyages commencent par un premier pas. Le mien a commencé par 36 heures de bus.
Trente-six heures à traverser des paysages, des frontières et des kilomètres, du Maroc jusqu’à Lyon, entourée d’autres étudiants marocains, tous sélectionnés pour vivre leur propre aventure.

L’été rendait la route presque irréelle. Pendant que certains regardaient les paysages défiler derrière la vitre, moi… je dormais. Beaucoup. À chaque pause, mes camarades avaient presque une mission : réussir à me réveiller avant que le bus ne reparte. Aujourd’hui encore, ils s’en amusent.
À notre arrivée à Lyon, nos chemins se sont séparés. Chacun est parti vers sa destination.
Le mien me conduisait à Lautrec, un village dont je ne connaissais alors que le nom.
En découvrant ses ruelles pavées, ses maisons à colombages, son vieux moulin qui veille sur les collines et son atmosphère hors du temps, j’ai eu l’impression d’entrer dans les pages d’un conte. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Lautrec est une cité médiévale réputée pour son patrimoine et son célèbre ail rose.

Depuis toute petite, j’ai toujours été fascinée par les villages qui semblent figés dans le temps. Je rêvais de découvrir un endroit où chaque pierre raconte une histoire. Sans le savoir, ce voyage m’avait menée exactement là où mon imagination m’avait souvent emmenée.

Je ne le savais pas encore… mais derrière ces vieilles pierres m’attendait une aventure qui allait bien au-delà d’un simple stage.
Épisode 3 — Cultiver la terre autrement
Chaque matin commençait de la même façon. ☀️

Une paire de bottes 🥾, l’air encore frais, quelques gouttes de rosée 💧… et cette impression que la journée avait déjà quelque chose à m’apprendre.
Je croyais connaître la terre.
Mais ici, elle parlait une autre langue. 🌱
Une langue où l’on ne cherche pas à aller plus vite que les saisons 🌦️, où l’on avance avec la nature plutôt que contre elle.
Au fil des jours, mes mains ont appris à récolter l’ail 🧄



Ici, chaque geste avait un sens.

Du premier grain semé jusqu’au dernier morceau de pain partagé.
Je pensais être venue apprendre à cultiver la terre.
Sans m’en rendre compte, c’était peut-être elle qui était en train de me cultiver.
Épisode 4 — Là où la terre rencontre les sourires
Pendant des jours, j’avais vu pousser, récolter et préparer les produits de la ferme. 🌾🧄
Puis est arrivé le jour où ils ont quitté les champs pour rencontrer ceux à qui ils étaient destinés.
Le marché de Castres. 🏘️

Sous les couleurs des étals, entre les pains encore tièdes 🍞, les bouquets d’ail 🧄, les lentilles, les tartes salées et sucrées 🥧, j’ai découvert une autre facette de l’agriculture.
Ici, on ne vendait pas seulement des produits.
On partageait une histoire.
Celle d’une ferme, d’un savoir-faire et de mois de travail que l’on retrouvait dans chaque sourire, chaque échange et chaque « bonjour ».
À cet instant, j’ai compris qu’un marché n’est pas seulement un lieu où l’on vend.
C’est l’endroit où la terre rencontre enfin les gens.
Épisode 5 — Quand le Maroc s’est invité au marché
Un matin, une idée un peu folle m’a traversé l’esprit. 💡
Et si, le temps d’un marché, le Maroc faisait aussi partie du voyage ?
J’ai proposé de préparer des msemen 🥞

- ces crêpes marocaines qui sentent l’enfance et les petits-déjeuners en famille. Quelques jours plus tard, une autre idée est venue s’ajouter : des pizzas en forme de cœur ❤️🍕, accompagnées d’un petit message qui invitait chacun à « célébrer l’amour ».

Au marché de Castres, les regards se sont arrêtés, les sourires sont apparus, les premières dégustations ont commencé… puis, peu à peu, il ne restait plus rien.
Tout était parti.

Ce matin-là, je n’avais pas seulement partagé une recette.
J’avais partagé un petit morceau du Maroc.

Épisode 6 — Une famille au-delà des frontières
Toute la semaine, j’attends le vendredi.
Pas parce que la semaine se termine.
Parce que la maison change de rythme. ✨

Peu à peu, les portes s’ouvrent, les voix se rapprochent, les rires remplissent la cuisine, et les odeurs des épices marocaines se mêlent à celles du pain encore chaud. 🍞

Autour de la table, nous préparons des couscous, des tajines et bien d’autres plats. Chacun met la main à la pâte, chacun raconte une histoire, chacun rit… comme si nous nous connaissions depuis toujours.

Parce qu’il y a des endroits qui nous font oublier la distance.
Et il y a des personnes qui nous font oublier qu’on est loin de chez nous.
Ces vendredis me rappellent qu’une maison ne se construit pas seulement avec des murs.
Elle se construit avec des cœurs qui savent accueillir
Épisode 7 — Ce que la valise n'a pas pu emporter
Les adieux sont une étrange invention de la vie.
Ils arrivent toujours trop vite, comme si le temps, jaloux du bonheur, décidait soudain d’accélérer sa course.
Ils nous obligent à quitter des personnes alors que notre cœur est déjà en train de construire une maison auprès d’elles. ❤️


Puis est arrivé ce moment que personne ne sait vraiment vivre.
Les regards se sont embués, les sourires sont devenus timides, les étreintes se sont prolongées comme si quelques secondes de plus pouvaient retarder le départ.

À cet instant, j’ai compris que le plus difficile dans un voyage n’est pas de fermer une valise.
C’est d’accepter qu’une partie de son cœur n’y rentrera jamais.

Mais ce voyage m’a laissé bien plus qu’une émotion. ❤️
Il m’a appris qu’une agriculture durable ne se résume pas à des techniques. C’est une manière de respecter la terre 🌍, d’écouter son rythme, de valoriser chaque récolte 🌾 et de créer du lien entre ceux qui cultivent et ceux qui partagent leurs produits.
J’y ai appris à récolter, à observer, à transformer, à comprendre le chemin d’un produit, du champ jusqu’au marché. 🧺 J’y ai surtout découvert qu’un métier peut aussi transmettre des valeurs.
Cette expérience a renforcé une conviction qui m’habite depuis longtemps : je veux, à mon tour, contribuer à une agriculture plus innovante et plus respectueuse du vivant. C’est cette conviction qui nourrit aujourd’hui mon projet EarthCloak 🌱, un paillage biodégradable conçu à partir de l’alfa, pour offrir une alternative durable au plastique agricole.
Je repars avec la même valise… 🧳
Mais je n’ai plus le même regard sur la terre. 🌍
Et quelque part, de l’autre côté de la Méditerranée, il restera toujours une maison… où une partie de mon cœur a choisi de rester. ❤️.

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